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Architecte éclairagiste, Nicolas Houel finalise actuellement une thèse Cifre avec Nantes Métropole autour des enjeux d’éclairage public du territoire.

 

Un projet de recherche sans préméditation

Diplômé de l’ENSA Nantes en 2015, Nicolas Houel s’est tourné vers l’éclairage à la fin de ses études, un domaine qu’il a découvert grâce à Laurent Lescop, enseignant dans cette école. C’est aussi lui qui le recontacte en 2017 pour lui présenter un sujet de thèse Cifre avec la Métropole de Nantes. La collectivité souhaite réaliser un schéma de cohérence d’aménagement lumière (SCAL) destiné aux 24 communes du territoire. Dans ce but, la Métropole décide de faire appel à un doctorant qui pourra l’accompagner dans la requalification du parc d’éclairage public en lui proposant un autre regard.

Nicolas, sans avoir envisagé la thèse avant cela, identifie tout de suite une réelle opportunité de professionnalisation. A l’origine, la Métropole désirait qu’il produise un document technique, très opérationnel. Il va néanmoins défendre l’intérêt d’un guide d’élaboration axé sur la compréhension des enjeux et des méthodes du projet : comment mener ce chantier en s’appuyant sur des indicateurs qualitatifs et quantitatifs des ambiances nocturnes ?

 

Trouver sa place : un enjeu de premier plan

Cette évolution résume les défis importants posés par la mise en place d’une Cifre pour les différentes parties. En intégrant le service de l’éclairage public, Nicolas doit s’adapter à un nouvel environnement qui n’est ni celui du monde académique, ni celui du travail indépendant. Il lui faut apprendre à être force de proposition et à argumenter ses choix auprès de l’intercommunalité. Il travaille au quotidien avec des profils différents du sien, doit trouver sa place et le rôle qu’il souhaite jouer.

La thèse Cifre est souvent présentée comme chronophage. Selon Nicolas, elle requiert évidemment de l’investissement mais dépend pour beaucoup de la posture que va adopter le ou la doctorante vis-à-vis de la structure qui le reçoit. Il faut accepter la part d’imprévu dans les tâches du quotidien, mais également savoir définir son périmètre d’intervention auprès des collaborateurs. Pour autant, le délai initial de trois ans demeure court et ne permet pas d’approfondir autant d’aspects scientifiques de son sujet que dans une thèse traditionnelle. Il définit le doctorant Cifre comme un « chercheur-médiateur » qui fait le lien entre le monde académique et le secteur professionnel.

 

Des bienfaits de la thèse Cifre ?

Le laboratoire de recherche AAU* auquel est rattaché Nicolas a pu s’investir à sa manière dans le dispositif notamment via le financement d’actions de valorisation et l’embauche d’un stagiaire. Le laboratoire est par ailleurs un lieu d’échanges intellectuels, de rencontres et d’opportunités d’enseignement pour les doctorant(e)s qui peuvent y trouver un écho favorable à leur investissement.

Cette expérience Cifre est dans l’ensemble bénéfique pour la Métropole. Elle illustre parfaitement sa capacité à s’ouvrir à la Recherche et à lui faire confiance en lui accordant une véritable légitimité. Nicolas espère ainsi pouvoir contribuer à nouveau aux actions de la collectivité par la suite. Il considère que cette thèse lui a jusque-là permis de diversifier ses compétences, ajoutant à son approche artistique de l’éclairage une démarche opérationnelle forte, appuyée sur les enjeux de sobriété et de transition énergétique. Dans son projet de développer son activité d’indépendant, la Cifre a aussi concouru à façonner ses futures interventions et à anticiper un volume d’affaires important pour la suite.

 

Pour en savoir plus sur la thèse de Nicolas >> https://aau.archi.fr/theses/levolution-de-leclairage-urbain/.

*Ambiances, architectures, urbanités | Centre de Recherche Nantais Architectures Urbanités (CRENAU)