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À quelques kilomètres de Montpellier, les ruines du château de Montferrand s’élèvent en hauteur sur l’éperon calcaire Est du Pic Saint-Loup. Thomas Robardet-Caffin, architecte, consacre son travail de doctorat à ce château. Il est embauché par l’intercommunalité locale, la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup.

Tout a commencé par un mémoire de Master. Consacré aux tours médiévales isolées de la région de Montpellier, ce travail de recherche met en évidence un système de 18 petites fortifications dont le château de Montferrand serait le centre névralgique. Il permet également à Thomas Robardet-Caffin d’identifier et d’entrer en contact avec le propriétaire actuel du château, aujourd’hui en ruine : la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup.

Quand l’intercommunalité cherche à recruter pour mener une étude paysagère sur son territoire tout en engageant un projet de conservation et de mise en valeur du château de Montferrand, Thomas Robardet-Caffin propose une forme de recrutement nouvelle pour la communauté de communes, le doctorat Cifre, qui lui permet de faire de ce travail un projet de thèse et à la collectivité de recevoir une subvention de 14 000 euros par an pendant 3 ans pour le recruter. « Pour arriver à être embauché comme doctorant dans une collectivité, il faut le soutien d’un élu car le poste est débattu en conseil et celui du directeur des services qui défend le dossier en interne. » Thomas et le binôme élu/direction des services se sont montrés convaincants, un soutien qui s’est avéré essentiel car le chemin fut long – un an entre le début des négociations et la réponse de l’ANRT – et parfois difficile : étape du vote du budget, doute de la direction des ressources humaines sur ce doctorant embauché à temps plein mais qui ne passera pas 100% de son temps à l’intercommunalité, un besoin de plus en plus urgent de voir Thomas arriver dans les services, alors embauché 2 mois en contrat à durée déterminée le temps d’obtenir la réponse de l’instruction, finalement positive.

 Le travail de doctorat de Thomas Robardet-Caffin consiste à explorer l’histoire de ce patrimoine bâti, à comprendre les raisons de l'édification de ces forts et fortins (petites fortifications), à analyser leur impact sur le territoire, de leur édification jusqu'à nos jours, et enfin à explorer les possibilités de conservation de chaque édifice. « Au début du projet, on n’avait aucune connaissance du site de Montferrand ». « Avec la végétation, c’était infernal pour faire des relevés de terrain. » « On a fait une douzaine de sessions de débrouissaillage qui ont permis de littéralement découvrir les ruines et donc de procéder à des relevés topographiques (35 mètres de dénivelé entre le bas et le haut du château de Montferrand !) et d’en dresser les plans ». Complété par des recherches aux archives départementales de l’Hérault, aux archives municipales de Montpellier, ce travail a permis de développer un outil de visualisation de l’évolution du château, à travers les âges, en 3 dimensions. Pour Thomas et l’équipe de l’intercommunalité, c’est un support de travail, soulagés « ne plus avoir besoin de monter là-haut ». Pour le grand public, cette 3D pourrait être demain un support de médiation. Pour l’heure, les agents de l’intercommunalité en ont eu la primeur (« au bout de deux ans, j’ai enfin pu montrer à mes collègues ce que je faisais ») et Thomas, dont les recherches ont permis de déterminer le chemin historique d’accès au château, a participé aux négociations de rachat des terrains concernés. « En tant qu’architecte, je suis formé à la maitrise d’œuvre. Là, j’ai vu le côté opérationnel de programmation de la maîtrise d’ouvrage. Ça a pris du temps de me former. Mais j’y trouve une concrétisation de mes recherches. »